Résultats du premier tour, FN, Amalgames, leçon de morale républicaine ?
Avertissement à ceux qui
préfèrent les expressions en 250 caractères, ou en pensée courte version Facebook,
ce qui suit est long à lire, et comme on pourrait le dire en notre époque d’attaque
systématique de la langue française, « ça prend la tête ». Mais on ne
peut faire l’économie de la longueur, car de la démonstration d'une pensée lorsqu’on s’essaye à
la justesse.
En filigrane du premier tour des élections
régionales nébuleuses d’hier, revient à l’esprit de tous que le 13 Novembre
2015, l’horreur a frappé Paris, La France, le principe même de Liberté, le mode
de vie occidental.
La stupeur a fait place à la douleur, et la
douleur entame le travail de deuil des familles de victimes, et celui de tout
un peuple. Dans ce travail de résilience intervient l’une des étapes les plus
difficiles à surmonter, la colère.
C’est sur ce sentiment que s’opèrent l’amalgame et la stigmatisation d’une
frange de notre population qui se voit attribuer la responsabilité de leur
complicité du fait de l’évitement de la
problématique par les gouvernants et des arguments prononcés par les assassins pour justifier leurs actes
barbares.
L’amalgame pose un double problème, et
notre conscience de la réalité des choses doit nous inviter à passer à la
différenciation des sujets.
Tout amalgame est un risque, car il porte caricature d’une
situation, et emporte l’inefficacité des actions.
Le premier risque des amalgames est de faire
porter la responsabilité, et la culpabilité des attentats, des morts, de la
barbarie, de l’ignominie sur des innocents. Ne parlant que de ceux ayant eu
lieu sur le territoire français, les attentats du mois de Janvier ainsi que
ceux de novembre ne sont liés que par un seul point, ils sont le fait
d’individus appartenant à une mouvance spécifique, dont le but est de s’appuyer
sur un dogme, le détournant de sa raison d’être pour assouvir leur soif de
violence et de pouvoir. Cette mouvance trouve son origine dans différentes
situations géopolitiques clairement identifiées comme étant le fruit de la
lutte d’influence et de pouvoir sur des territoires en vue de contrôler leurs
richesses, par la soumission des populations y résidant.
A l’origine de tout c’est l’écart de richesses
entre les différentes zones du monde, ainsi que la disparité de possession des
richesses au sein de chaque territoire qui est le terreau de La confrontation
Nord-Sud, Maghreb Moyen Orient-Occident. Le jeu opéré par les occidentaux pour
trouver alliance à historiquement conduit certains pays à jouer la carte du
renversement de régimes, et la mise en place d’acteurs qui se devaient d’être
soumis par reconnaissance et ainsi consolider les bases économiques et
militaires avancées de ces pays manipulateurs. A jouer les apprentis sorciers
de la manipulation de masse, la partie c’est retournée contre les instigateurs
des mouvements de pouvoir.
La question de fond est donc la répartition
des richesses dans un monde structuré autour de deux pôles, les échanges
marchands et la spéculation financière. Si nous souhaitons traiter la question
du retour et du maintien de la paix dans le monde, nous devons réfléchir aux
moyens à mettre en œuvre pour permettre aux nations empêtrées dans la montée en puissance du radicalisme
djihadiste de créer de la richesse et de la redistribuer de façon satisfaisante
au sein des populations qui les composent.
Le tout premier amalgame :
Ainsi le premier amalgame est celui qui réside
dans le fait de croire que nous ne sommes face qu’à une guerre de civilisation.
Ce sont les racines du mal qu’il s’agit
d’envisager de traiter, fort d’une politique de temps long, pour favoriser la
montée en puissance de la liberté, et en tout premier lieu celui des peuples à
disposer d’eux-mêmes. Pour qu’ils puissent le faire, c’est un travail de longue
haleine qui attend l’occident, tant les actions d’éducations doivent être
profondes pour permettre à chaque habitant du monde d’être conscient des enjeux
qui le concerne pour qu’il soit en mesure d’assumer la responsabilité
qu’engendre la démocratie.
Ce travail est d’autant plus ardu concernant
la pensée musulmane que le fond théologique sur lequel elle s’appuie est
multiforme. Ajouté à cela que depuis sa genèse, le religieux et le politique
ont toujours été intimement lié, les références liées à la notion d’état nation
au sens européen du terme sont pour l’heur contradictoire avec le respect de la
pratique du culte.
Le concept de laïcité de la société civile à
la française est une hérésie fondamentale pour tout musulman souhaitant
s’inscrire dans une pratique de son culte même pacifique puisque la Charia, (la
loi), qui régit le mode de vie est nativement et philosophiquement la seule
loi, reléguant au mieux à l’arrière-plan la loi républicaine, au pire la
rejetant en tant que non loi, ou loi impie puisque non divine.
Nous pourrions presque dire que le concept de
laïcité est le premier empêchement d’être français pour un musulman convaincu,
puisque la république française par sa laïcité impose une identité agnostique
collective permettant une identité individuelle libre d’adhérer à un dogme
religieux dont l’expression de la pratique doit rester dans la sphère privée,
exprimant ainsi l’idée que la religion est une sorte de philosophie, une
aspiration et non pas un commandement de sens et mode de vie.
Le second amalgame :
Le second amalgame est le fruit de la
communication des djihadistes, qui s’appuie sur des pseudo-interprétations
religieuses pour recruter, motiver des individus en perdition, ou
fondamentalement violents, et les transformer en soldats investis d’une mission
divine. La réponse que nous apportons est basée sur la connaissance et le
raisonnement, alors que les moteurs qui les animent se fondent sur l’ignorance,
et la passion. C’est ainsi que la responsabilité des états occidentaux est
grande. Car a contrario des vagues d’attentats de la fin du vingtième siècle,
les agresseurs sont des ennemis de l’intérieur. C’est là aussi, sur l’ignorance
et la passion que les acteurs étrangers commanditaires des actes de barbarie
trouvent les points d’ancrage nécessaires à la radicalisation de certains de
nos compatriotes. Des enfants de la république désireux de tuer père mère,
autorité et patrie, témoignent de la rage qu’ils éprouvent à leur égard. Le
salafisme djihadiste apporte une réponse là où la société civile française
n’apporte que des doutes, des interrogations tant sur le plan de l’identité,
que sur le plan du sens de la vie, et de la place de chacun dans la société. Ajouté
à cela, les politiques d’évitement misent en œuvre depuis les premiers chocs
pétroliers marquant la fin des trente glorieuses, la fracture sociale mise en
perspective par Jacques CHIRAC, mais sans traitement de fond, et la panne quasi
définitive de l’ascenseur social ont pour conséquence l’émergence du
communautarisme, la ghettoïsation des quartiers, le renforcement des
antagonismes. Le double langage politique et le manque de jusqu’au-boutisme dans une posture ou dans
l’autre sont les vrais coupables de cette situation devenue complexe.
Le troisième amalgame :
A la croisée des chemins, se trouve le
troisième amalgame. Le conflit entre plusieurs principes fondamentaux des
valeurs de la république française, a conduit à l’attentisme dangereux des
acteurs politiques. Liberté de culte, laïcité (un vrai danger pour un peuple
acculturé à la notion d’état nation et héritier d’une culture catholique
chrétienne), liberté d’expression, présomption d’innocence, état de droit,
raison d’état…
Entre l’intérêt électoraliste que représente
le fait de séduire telle ou telle communauté pour obtenir l’exercice du
pouvoir, et la tentative de préservation d’une identité nationale qui par
définition est le contraire du communautarisme, le concept d’intégration a
remplacé celui d’assimilation qui avait pourtant permis la dissolution positive
dans un peuple unique, une sphère publique commune bien qu’hétérogène, les vagues migratoires
précédentes. La question d’une convergence d’héritage de religion servi comme
explication du succès de l’assimilation des migrations précédentes est un
leurre, au regard de la violence du rejet des français de voir arriver à
l’époque sur leur sol des européens venant leur voler leur pain. Le rejet de
l’autre est d’autant plus fort que le sentiment que les richesses à partager se
paupérisent et qu’il faut préférer le partage entre gens de même
« race » devient un devoir de résistance à l’invasion d’autres gens
venus les piller, ou dont on a plus besoin puisque justement elles se
paupérisent.
Ainsi, confondre les résultats d’une
assimilation avec ceux d’une intégration est un amalgame aussi faux que de vouloir
additionner des carottes et des navets.
L’invitation qui est celle de
l’assimilation réside dans le fait de rappeler que dans un état nation, la
culture de l’accueillant prime sur la culture de l’accueilli, par conséquent
pour devenir partie intégrante d’une population, il faut s’astreindre à en
adopter ses codes, renonçant au passage à ceux de son pays d’origine.
L’invitation est donc orientée sur l’arrivant, et elle est soutenue par la
population préinstallée qui apporte son aide pour aider à adopter ses codes.
L’invitation qui celle de l’intégration
réside dans le fait, de faire accepter par la population préinstallée,
l’émergence d’une culture qui lui est étrangère et de lui réserver la place qu’elle
mérite en rapport avec le pourcentage de population que représente une ethnie
accueillie sur l’ensemble des habitants d’un territoire, accueillis compris. Le
double langage évoqué ci-avant a été de laisser croire à la population
préinstallée, en utilisant le terme d’intégration, qu’il s’agissait aux accueillis
de s’intégrer, donc s’assimiler à la population préinstallée et dans le même
temps de laisser entendre aux accueillis que les accueillants se devaient de
leur faire place en acceptant leur entière identité.
C’est en cela que cet amalgame a produit des
frustrations mutuelles, les premiers étant spectateurs du maintien de leur
codes culturels par les accueillis, les second témoins de rejet de leur culture
identitaire par les premiers.
Le quatrième amalgame :
Ainsi combinant les trois premiers amalgames,
nous arrivons au paroxysme de la situation qui fait naître le quatrième
amalgame. C’est une démonstration mathématique par l’absurde qui le génère. La
violence et la barbarie sont le fait d’individus radicalisés au service de leur
soif de violence et de pouvoir. L’évocation de l’Islam est un prétexte, chacun
doit être conscient que personne ne tue au nom de Dieu, mais bien au nom de son
égo, de son désir intime de conformité et de différenciation, de pouvoir. La
barbarie est le fait de djihadistes radicaux, un djihadiste radical n’est pas
un vrai musulman, donc il n’y pas de problème entre le « vrai » Islam
et la république Française.
C’est ce raccourci qui fait bondir une
partie de plus en plus croissante de notre population, séduite par les sirènes
du Front National. Nous avons un combat à mener, et un travail à faire.
Le combat c’est celui de mettre hors d’état
de nuire tout individu qui souhaite attenter aux libertés fondamentales
garanties par la république. C’est celui d’éradiquer à l’extérieur les
recruteurs, manipulateurs, commanditaires de ces atteintes. C’est celui
d’identifier et mettre hors d’état de nuire ceux qui sont déjà radicalisés et
qui représentent une menace trop importante pour attendre un passage à l’acte
pénalement qualifié, base juridique jusqu’alors nécessaire pour les poursuivre,
les arrêter, les juger, les condamner.
Le travail, c’est celui de mener à
l’intérieur un investissement fort sur l’éducation.
L’Ecole doit reprendre sa place centrale
dans l’organisation de notre société,
non seulement dans la transmission du savoir, l’enseignement, mais doit
assumer la réalité de la transmission de l’héritage culturel, base de laïcité
républicaine, dans la capacité qu’elle a eu d’accorder une place à l’adhésion
intime à un dogme et ou un culte religieux, tout en garantissant la suprématie
de la loi terrestre, séculière, sur la loi divine, intemporelle. La première
s’inspirant des valeurs humanistes véhiculées par la seconde. C’est la
recherche du juste, et non du saint, qui permet à nos société occidentales de
donner une place importante bien que dissociée à la loi divine.
Le second risque de cet amalgame là réside
donc dans le fait confondre des sujets qui n’ont qu’un lien au mieux sémantique
entre eux, et faire disparaitre la forêt de la politique migratoire, de la
convergence culturelle et la stratégie de société communautaire ou unifiée, le
retour de l’autorité de l’état en matière d’éducation, de sécurité, de
définition moderne du patriotisme à la française, de la politique économique au
service du développement des entreprises et de l’emploi, condition préalable à
la création de richesse et sa redistribution, de la mise en œuvre d’un
ascenseur social efficace, derrière l’arbre du djihad salafiste radical.
Pourquoi le Front national est une tentation et non la
solution :
Les dangers de la globalisation des problématiques :
Le fait de globaliser les problématiques est
un danger d’abord au sens de l’incompréhension par la population des actions
menées pour traiter le terrorisme, si elles sont également perçues comme un
moyen de régler la question de l’identité culturelle française et de la
possible assimilation des musulmans au vivre ensemble à la française.
La laïcité : Un discours des actes contraires
Dans ce contexte, la laïcité est le premier
élément à être dans le collimateur des tentés par le front national. Les
tenants du tout laïc que sont les élites de gauches n’ont de cesse que de
contrevenir à ce principe qu’ils arguent pour calmer les revendications de
l’héritage catholique chrétien, pourtant timide il y a encore une vingtaine
d’année, par les uns tout en tenant compte dans leurs décisions politiques de
proximité de particularités philosophiques et religieuses notamment en accédant
aux demandes d’horaires d’ouverture spécifiques des équipement sportifs pour
éviter la mixité de fréquentation, ou encore en parlant de menus de
substitutions dans les cantines, façon peu masquée d’intégrer la religion dans
l’organisation des services publics, en ne faisant pas appliquer la loi sur le
port de signes ostentatoires d’appartenance à une ethnie ou une religion,
provoquant ainsi le sentiment chez une grande partie de notre population, que
les efforts de laïcité demandé aux uns ont pour but de préparer une sorte de transition culturelle au profit des
autres, et ou la menace de la violence justifie l’exception à la règle.
C’est la raison pour laquelle, l’autre danger
de la globalisation des problèmes est de voir une partie de la population en
stigmatiser une autre, mais aussi, pourrait-on dire, et vice-versa. En
s’interdisant de comprendre le message envoyé par les électeurs de gauche comme
de droite qui se tournent vers le front national, en ne voulant pas entendre
leur souffrance à mettre en œuvre toute leur capacité de vivre ensemble car
remerciée par un rejet de leur culture, un culpabilisation de crimes que leurs
aïeux ont ou auraient commis du temps des colonies, en se faisant traiter de
racistes ou xénophobes, en étant victime d’un racisme tout aussi violent que
celui qu’on leur prête, il était à parier que la réaction serait tranchée et
violente à son tour. Les leçons de morales de la classe politique ne faisant
que souffler sur des braises déjà ardentes !
La question qui se pose alors est de savoir,
quel mal il y a, à ne pas vouloir voir s’installer dans un pays qui a acquis
chèrement la liberté et construit des éléments de culture partagée et
suffisamment riches pour que chacun s’y retrouve , des tenues vestimentaires
qui sont avant tout des signes d’appartenance à une mouvance religieuse voire
sectaire, des interdits culinaires qui devraient s’imposer à la sphère
publique, une disparition de la mixité sociale et sexuelle dans l’accès aux
lieux publics, un refus de laisser un médecin homme réaliser sa mission auprès de
patientes, autant d’infractions à cette
laïcité qui se pose comme premier commandement de bonne conduite citoyenne aux
uns, tout acceptant l’exception culturelle aux autres.
Car telle est la vision de nombreux citoyens
de ce qu’est le double langage politique et la globalisation des problèmes à
traiter. L’islam global, qui n’existe que dans la médiocrité de sa présentation
médiatique, est renvoyée à son image la
plus en décalage avec les valeurs de vivre ensemble, de liberté, et de
modernité de la culture française.
Si c’est le salafisme radical djihadiste qui
est porteur de ces obligations et interdits supérieur par la charia à la loi de
la république, alors est-il peut être temps de le déclarer juridiquement
incompatible avec la république française, et d’en réaliser la qualification
juridique de dérive sectaire, permettant ainsi d’en interdire la pratique et la
diffusion. Cette approche juridique et politique vaut bien mieux que de
clarifier une fois de plus ce que doit être la laïcité, vécue comme une
tentative de rempart qui a pour effet pervers de détruire au passage l’héritage
catholique chrétien de nos institutions, les jours fériés catholiques, Noël ses
crèches ses marchés, pourquoi pas les églises et les cathédrales, les croix
dressées aux quatre coins du territoire. Sans doute faudrait-il plus simplement
dresser, comme la loi l’autorise en matière de dérive sectaire, la liste des
pseudo-cultes interdits de territoire, car pouvant conduire à la haine ou au
rejet des valeurs culturelles fondamentales
de la république française. Ce travail devant naturellement également
porter sur les dérives extrémistes sionistes, catholiques, et autres…
Qui amalgame quoi ? Qui stigmatise qui ? Qui est
responsable des réactions du peuple ?
On voit ici, que les éléments de langage
utilisés depuis les années quatre-vingt pour notamment tenter de faire
culpabiliser une partie de l’électorat, profitant ainsi de l’héritage culturel
Chrétien de l’humanisme et de la culpabilité, tout en s’assurant les votes des
autres, arrivent au terme de leurs conséquences.
Combien de fois, a-t-on exhorté le peuple de
France à ne pas faire d’amalgame, combien de fois l’a-t-on stigmatisé quand il
faisait état de défendre son héritage culturel, ce que les peuples de tous les
autres pays font, et parmi lesquels certains qu’on cite en exemple de
modèle social !
Mettant en œuvre ainsi la plus ancienne des
stratégies de pouvoir, diviser pour mieux régner. A ce jeu, les deux partis de gouvernements
sont devenus maîtres en la matière. Mais la souffrance réciproque des
composantes du peuple de France, conduit à des conséquences qu’ils ne
maitrisent plus, cette fois. Faisant systématiquement fi des analyses des
sociologues et politologues, des économistes, nos élus se considèrent comme les
sachant absolus. Les conseils qu’ils écoutent, ne sont plus politiques, mais
politiciens voire politicard, et passe de l’idée de la France à l’image du
produit électoral, le candidat, le transformant à renfort de conseils en
communication en bien de consommation comme un autre. Or le peuple a besoin de
politique et non de manœuvre électoraliste, ou de remboursement de dettes de
frais de campagne au profit des lobbys créanciers.
Ainsi, la responsabilité de faire la part des
choses nous incombe à chacun, avec un embarras certains, qui élire pour prendre
les commandes d’une région pendant six ans, de l’état pendant cinq ans ?
Pour que les amalgames et les stigmatisations
multilatérales s’effacent nous devons pouvoir faire confiance en un état qui
nous entend et qui nous garantit outre la sécurité, la préservation de notre
identité, et en tout premier lieux notre Liberté et les conditions requises
pour que nous puissions assumer nos existences par le travail !
La tentation du front national est légitime
lorsqu’on dresse le tableau précédemment décrit. Le discours populiste et
identitaire est séduisant, d’autant qu’il ne trouve pas dans les discours des
partis de gouvernement traditionnels une réponse, une répartie, qui permettrait
aux français de faire la part des choses. Aucun de nos élus de droite comme de
gauche, ne tente la pédagogie sur le sujet de la place de la charia dans le dispositif
républicain, et aucun ne met en exergue que ce repli identitaire est d’abord le
fruit d’une économie en berne, et d’une culture du travail disparue dans les
limbes de la fantasmée société de loisirs, et de la défense systématique pour
ne pas dire systémique d’acquis sociaux, qui pourtant disparaissent,
naturellement, par la force des choses, autrement dit par la force de la
concurrence mondiale, à force d’être préservés et non pas réinventés !
Le front national n’est pas la solution :
Les diatribes frontistes peuvent paraitre
donner sens à des solutions qui ne sont rien d’autre que des locutions vouées à
séduire le peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer. Les pratiques de la
politique par les acteurs des partis de gouvernements n’ont apporté que
déceptions et frustrations.
S’appuyant à la fois sur des mécanismes
simplistes, préférence nationale, par exemple, le Front National oubli
d’expliquer ou il se situe quant à l’état de droit qu’est la France. Comment
envisage-t-il d’agir pour tenir la promesse que cela sous-entend à peine ?
Pour une partie de l’électorat, cela
signifie préférence caucasienne, français de souche. Or la définition même de
français de souche pose problème, à la fois juridique et historique. Juridique
car il n’y a pas dans le code de la nationalité actuel de distinction de ce
type, ce qui sous-entend qu’il que pour y apporter correction, il leur faudra
déposer une proposition ou un projet de loi, et le faire adopter par une
majorité au parlement. Or avec la composition actuelle du Sénat qui survivra à
l’élection présidentielle de 2017, cela est déjà compromis. Dans l’hypothèse
d’une réussite, il faudra que cette loi passe le filtre du conseil
constitutionnel, ce qui là encore est de l’ordre de la mission impossible. Le
seul scénario envisageable alors, est pour régler la question juridique, de
sortir de l’état de droit constitutionnel, et renverser le régime de
l’intérieur en instaurant une dictature.
Ce seul exemple montre, puisque c’est
l’élément clef, le fonds de commerce du Front national, l’ineptie de leur
programme.
La sortie de l’euro, de l’espace Schengen,
le retour à une monnaie nationale, sont autant de promesses intenables. Car
pour y parvenir, à nouveau, les obstacles institutionnels qu’ils rencontreront,
et qui garantissent le maintien de nos libertés fondamentales, se trouveront
sur la route, les contraignant là encore, à sortir du jeu démocratique,
constitutionnel. Pour ces mesures encore, seule une dictature leur en donnerait
le pouvoir. En colère les français, oui ils le sont, mais au point de se
soumettre au dictat des Le Pen, nous pouvons en douter.
Le vote d’hier une leçon de l’arroseur à arrosé :
Le parti socialiste depuis l’avènement au
pouvoir de leur gourou, François MITTERAND, n’a eu de cesse de jouer à l’apprenti
sorcier, en donnant des leçons de morale à des français fatigués de les
entendre, d’autant que la plupart de ceux qui les prononcent sont les rois du « pense
et vote comme je dis et ne fais pas comme je fais ». A l’abri des réalités
car la plupart d’entre eux est issue de la fonction publique territoriale,
locale et parfois d’état, vivent dans des lieux de communautarisation Bobo, ou de
rassemblement de classes moyennes pavillonnaires éloignés des centres villes et
de la proximité des gares, (véritable lieu à risque pour les populations
laborieuses itinérantes), ainsi que des quartiers qu’ils défavorisent par une
politique sociale dégradante, ils expliquent à la France qui souffre, qu’elle
doit courber l’échine pour garantir le renouvellement de leur mandat.
La leçon de morale est celle de celui qui
invente un monstre pour siphonner les voix de son adversaire direct, la droite
républicaine, en donnant un espace politique et médiatique par la diabolisation
à un parti qui n’a pas de programme mais un ton poujadiste aux solutions
ubuesques.
Mais le monstre un jour, prend des forces et
se retourne contre son créateur. C’est ce qui s’opère aujourd’hui dans un
double mouvement, les français fiers de leur héritage culturel ne supportent
plus en des temps de disette qui accroit leur rage, qu’on leur demande d’y
renoncer, et à force de laisser berner par des majorités de gouvernement qui ne
gouvernent pas, mais réalisent des compromis inefficaces, entendent dans les
sirènes du front national, un champ mélodieux qui parle à leur identité
meurtrie, avec en arrière-plan l’idée que de toutes les façons, ça ne peut pas être pire qu’avec les autres.
C’est également sans vergogne que monsieur
CAMBADELIS, persiste et signe, et disant que le PS peut encore garder six à
huit régions. Mais les garder pour en faire quoi ? Poursuivre une
politique qui est une absence de politique ?
Continuer à vider les caisses des régions
comme il vide celles de l’état pour servir une idéologie rétrograde qu’il ose
appeler progressiste est-ce un programme ?
Voilà le message de l’arroseur arrosé.
Ce qui est particulièrement dommageable dans
la situation où se trouve la France, c’est que le parti des Républicains, ne se
présente pas à la hauteur des enjeux, et ne donnent pas l’occasion pour des
raisons d’ambitions personnelles de vengeance de son président, ou celle de
revanche « du meilleur d’entre nous », de laisser la parole et le pouvoir
à ceux qui dans son camp pourraient incarner une réelle alternative politique.
La révolution des parti politiques, nécessaire et salutaire :
Le PS doit mourir pour renaitre modernisé d’une
pensée libérale incluant une réelle approche sociale, c’est-à-dire une approche
dont l’objectif est d’aider ceux qui le peuvent, et ils sont nombreux à sortir
de l’aide par le haut, pour ne consacrer la solidarité nationale la plus
efficace à ceux qui ne pourront en sortir car étant dans une situation et des
moyens trop faibles.
Le FN doit retomber dans les limbes des
bas-fonds dont il est issu, car le repli identitaire est dangereux, et le
nationalisme qui est leur programme, n’en déplaise à ceux qui votent pour lui par
colère, a montré dans l’histoire qu’il est capable de séduire en usant du jeu
démocratique, mais qu’il devient autoritaire, inique, et destructeur lorsqu’il
est installé au pouvoir.
Les Républicains doivent affirmer leur
position libérale sociale, basé sur l’héritage gréco-romain et catholique
chrétien, sur la valeur travail, sur la méritocratie pour le soutien aux plus
faibles et non le soutien à tous.
Dans cet entre-deux tours, espérons que les
médias complices à géométrie variable du pouvoir en place et de celui qui
monte, cesseront de parler de « faire barrage », et interrogeront les
acteurs politiques non pas sur leur tactique électoraliste, mais sur leur
programme et sur ce qu’ils ont compris des réformes structurelles profondes que
notre situation exige, et auxquels notre peuple dans toute sa diversité et dans
toute sa communauté a le droit. Car si ce n’est pas la classe politique qui
agit il est à craindre que ce soit la rue, et on ne sait trop ce que les
barricades produisent dans une société en crise avec elle-même.
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