Que doit attendre de 2015 ?
Rien, si aucune mesure n'est prise pour refondre profondément notre système d'éducation.
Toutes les réformettes entreprises, tant sur le plan économique que sociétal, ne peuvent apporter de résultats si elles ne sont pas accompagnées d'une refonte globale de l'éducation nationale, de la maternelle à l'enseignement supérieur.
En effet, ce dont souffre actuellement la France, c'est de son désir de sécurité absolue !
L'état est engagé dans une lutte contre la précarité de l'emploi dont l'ensemble des solutions mises en œuvre n'ont, malgré le carcan épouvantable du droit du travail, fait que produire l'effet inverse de celui souhaité.
Vous pourriez rétorquer, que le droit du travail, n'est pas l'affaire de l'éducation nationale, et vous auriez hélas tord.
Pour pouvoir, réformer ce pan essentiel de l'économie sociale, il faut préparer les esprits autrement, et préparer les esprits, c'est depuis la nuit des temps le rôle de l'éducation.
Or, force est de constater, que cette mission est au mieux abandonnée, au pire mal réalisée.
Comment peut-on préparer les esprits au monde réel, quand ceux à qui la mission est confiée, n'ont jamais mis les pieds dedans ?
Comment peut on préparer les esprits au désir du risque, quand ceux qui les formes n'ont comme seul point de mire que leur propre sécurité et le refus de toute forme de culture du résultat ?
Car seul le désir du risque est un moteur calé sur le réel, la vie nait du chaos, et la dynamique nait du déséquilibre. Vouloir obtenir la stabilité et la sécurité absolue est un désir de mort, et notre société comme notre économie est en passe d'en mourir.
Le suicide Français, n'est pas celui que décrit page après page monsieur ZEMMOUR, mais bel et bien notre manque de goût pour le risque.
Qu'il s'agisse des enseignants, qui souffrent d'un manque de visibilité sur les valeurs que leur employeur, l'Etat, leur demande de transmettre.
Qu'il s'agisse de l'académie, qui ne défend plus ses enseignants et leur mission mais qui se met au garde à vous des revendications de parents d'élève si mal placés pour imposer leur vision, qu'ils ont eux-mêmes abandonné leur rôle, en ne fixant plus d'autre cadre à leur progéniture que l'acceptation de leur désir de facilité et leur refus du contrôle de connaissances.
Qu'ils s'agisse des ministres successifs de l'éducation nationale, qui profite de leur prérogative pour tenter d'imposer leur marque de fabrique dogmatique, emportés qu'ils sont tous par une démagogie aveuglante et inefficace.
Tous, ont un point commun, le droit à la sécurité, et cela est d'autant plus grave que c'est sur cette base idéologique qu'ils construisent nos enfants.
Or la seule sécurité, est celle que chaque individu développe pour assumer sa prise de risque et considérer qu'il est le seul bien placé à mettre en œuvre les actions nécessaires pour obtenir de la vie ce qu'il pense en mériter.
La sécurité n'est pas un droit, elle est une conséquence, celle de la prise de risque.
Les réformes économiques nécessaires et efficaces passent donc par une éducation nationale qui prône la prise de risque !
Nous avons un travail colossal à entreprendre :
- Revoir la mission et les modalités de représentativité des institutions représentant le personnel. et pour cela il nous faut des esprits ouverts sur la prise de risque.
- Revoir le droit du travail, en le dé-globalisant. La loi ne peut être la même pour une micro entreprise, une PME-PMI, une grande entreprise, un service public d'état. Elle ne peut pas être la même quels que soient les marchés sur lesquels interviennent chaque type d'entreprise.
- Revoir le contrat de travail, qui ne peut enfermer l'employeur dans un carcan faisant de lui le seul à prendre des risques, et notamment celui de compter dans ses effectifs, malgré les moyens mis en œuvre pour les mobiliser et former, des salariés qui ne viennent que passer sept heures par jour sur leur lieu de travail, sans pouvoir les sanctionner vraiment en cas de manquements légers certes mais répétés à leurs obligations contractuelles.
- Revoir la culture du politiquement correct qui empêche, même maladroitement, même intentionnellement de dire les choses et qui préfère un monde du pseudo respect à celui du respect réel. On ne combat pas le racisme, la xénophobie, la misogynie, l'androgynie, l'homophobie, en condamnant les mots et celui qui les prononce mais en faisant la démonstration de leur absence de réel.
Oui, ce qu'il faut, c'est une éducation nationale, qui prépare nos enfants au combat noble qu'est la construction de leur vie, pour eux-mêmes, par eux-mêmes, avec les autres et non pas contre les autres.
Pour libérer l'économie ? libérons les esprits, et apportons leur le désir de prendre des risques seul moyen de se sécuriser.
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