Dans l’actualité il y a cette affaire inquiétante et morbide du père de famille qui droguait les adversaires de compétitions de tennis de son fils pour lui permettre de gagner ses matchs.
Au-delà de la bêtise, de l’absurdité de ces actes, conduisant un homme à adopter un comportement crapuleux pour un enjeu dérisoire il y a la plus pénible des réalités pour une famille, la mort d’un enfant.
Il y a quelques jours comme nombre d’entre nous, j’avais reçu un mail contenant un PowerPoint expliquant à quel point, nous génération, Albator Dorothée et consorts, étions des survivants. (Pas de port de ceinture de sécurité à l’arrière, fumée de cigarette dans tous les magasins et lieux publics, longues balades en ville en culotte courte sans faire de mauvaises rencontres…)
Comment ne pas faire le rapprochement entre ces deux éléments de nature si opposée, l’un dramatique l’autre humoristique ?
Sans vouloir jouer les papys sur le retour : « Ha de mon temps, on ne voyait pas tout çà… », Pourtant c’est vrai, et ce temps là n’est pas si loin.
Enfant dans les années soixante dix, adolescent dans les années quatre vingt, jeune adulte en quatre vingt dix, j’étais tennisman, je faisais des compétitions locales et régionales et quels frissons me traversent la colonne vertébrale en imaginant qu’aujourd’hui un gamin qui vit la même vie que fût la mienne à une génération d’intervalle, est guetté par la mort aux abords de la ligne de fond court.
Si il existe des occasions de « pousser des coups de gueule », de marquer son opposition, il en est d’autres ou les mots sont discrets, enfermés aux fonds de la gorge sans doute retenus par la boule immense au milieu de l’estomac que provoque le seul sentiment humain dans pareille circonstance : la tristesse.
Je rêve d’un monde ou mes enfants pourraient vivre l’insouciance de leur quatre ans et n’avoir pour seule préoccupation que l’enrichissement de leur esprit par le jeu et les rencontres, mais voilà, le Papa que je suis a peur pour eux et c’est bien malgré moi que je me vois souvent contraint de limiter le champs de leur liberté au nom de leur survie…
Madame, Monsieur, votre enfant est mort par l’ignominie d’un con et je souffre avec vous.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire