vendredi, mars 17, 2006

"ALLONS ENFANTS...."

Cette nuit j’ai fait un rêve. Une fois n’est pas coutume, c’était un songe politique, sans doute inspiré des images télévisées des manifestations étudiantes anti-CPE. Je marchais dans les rues enflammées de Paris, au milieu des barricades. Les forces de l’ordre tétanisées se massaient les unes contre les autres recevant les pavés lourds envoyés par ces nouveaux révolutionnaires. Comme par miracle, je pouvais évoluer au milieu du chaos sans jamais être atteint.

Un peu en retrait, un CRS agenouillé pleurait les mains posées sur son visage, me postant devant lui je l’interrogeais.

- Mais que t’arrive-t-il Citoyen ?

Entre deux sanglots il trouva l’apaisement éphémère de me répondre :

- Tu vois le gamin, juste là à droite ? C’est mon jeune frère, il a 21 ans. Il y à trois semaines il était étudiant en fac de lettre, même si il fumait de temps à autre un peu de chit, c’était un bon gosse.
- Je comprends, mais ça ne m’explique pas tes larmes….
- Il y a une heure j’ai reçu l’ordre de tirer. Je ne l’ai pas dit au gars, j’peux pas.

Et d’un coup d’un seul, au milieu du fracas, des bruits, des cris et des slogans : une voix.
Forte et grave, alors que l’ordre avait fini par être transmis par un autre lieutenant de la garde, cette voix transperçait les cœurs.

- « Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivée… »

Debout en haut des barricades, le citoyen CRS, torse en avant chemise ouverte la main portée sur le centre de sa poitrine, avait abandonné sa prostration et entonnait l’hymne national.

Les canons se baissèrent, et la rue debout, comme un seul homme, comme une nation, se mit à l’unisson.

Nous sommes tous nés de la révolution, La France a vu le jour il y a près de trois siècles. Nous sommes tous héritiers de Danton, Robespierre, Desmoulins, Napoléon Bonaparte…

Dominique, Jacques, Nicolas, et les autres, hommes de droite , hommes de gauches, Citoyens réveillez vous, cessez le combat de l’urne, et établissez un vrai chemin, celui que nous voulons suivre.

Rétablissez les assemblées populaires et demandez au peuple ce qu’il veut, vous serez surpris de sa maturité.

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